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28 octobre Programmer des nouveautésA la libération de la bande FM, les animateurs arrivaient avec leurs disques sous le bras et jouaient ce qu'ils aimaient ou qu'ils avaient envie de faire découvrir à leurs auditeurs.
Mais on s'est rendu compte que les premières radios qui aviant un parti pris de programmation étudiée étaient beaucoup plus performantes que celles qui ne misaient que sur le feeling des animateurs. Ainsi, petit à petit, chaque radio fut programmée par une seule et unique personne : le programmateur.
Au départ, il allait acheter des disques, puis il les reçu des maisons de disques qui le poussaient à jouer le plus possible les "objectifs" (ceux qui se devaient de vendre beaucoup).
Aujourd'hui le mode d'appropriation des nouveautés est multiple. L'auditeurs n'a pas que l'outil radio à sa disposition pour découvrir de la musique.
On peut remarquer que les plus jeunes (ceux qui téléchargent le plus de musique) nous disent trouver des sons dans les BO de leurs séries préférés, en surfant sur iTunes ou sur des sites comme Pandora ou LastFM, en discutant avec leurs amis...
Ainsi, le programmateur ne doit plus se contenter d'écouter uniquement les disques qui lui sont envoyés par les labels ou qu'il peut entendre en ouvrant son logiciel Music Center.
Il doit trouver du temps pour surfer sur MySpace Music, pour étudier les playlistes des séries à succés (Grey's Anatomy, Dr House, High School High...). C'est évident qu'en agissant de la sorte, il va ouvir de nouvelles possibilités à son antenne et sa programmation sera plus en accord avec les attentes renouvellées du jeune public (très curieux de différenciation). Inversons le processus : c'est au programmateur radio de dire aux maisons de disques qu'il a trouvé un tube que ses auditeurs adorent. Le choix musical ne doit pas s'opérer que dans un sens. Un programmateur radio a autant d'expertise musicale qu'un directeur artistique d'un label. 18 octobre Quand faut il être humble ?WHEN TO BE HUMBLE, WHEN TO BE BIG Voici la traduction d'un billet trouvé sur la newsletter de Dan O'Day l'un des meilleurs consultants de talks shows US. Quand votre radio est petite et qu'elle commence juste à construire son audience, jouez là "big". Les gens aiment être associés aux gagnants. Quand votre station est énorme et en plein succès, jouez là humble. Les gens apprécient que les gagnants ne s'étalent pas trop sur leur succès. Utilisez votre position pour faire en sorte que les auditeurs se sentent bien. 1 octobre L'artiste vit l'interview comme une menaceVoici un interview intéressant paru dans le journal 20 Minutes de ce matin...
Claude Jaeglé, auteur de « L'interview, intellectuels et artistes face aux journalistes » (éd. PUF).
Selon vous, pour les intellectuels, l'interview est une forme de violence, voire de torture ! Au lieu d'envisager l'interview comme une chance de faire connaître leurs oeuvres, intellectuels et artistes la vivent d'abord comme une menace sur leur identité. L'artiste doit prouver par son malaise qu'il n'appartient pas au monde souillé de l'interview, c'est-à-dire à l'univers de la promotion de soi. Cette attitude inspire les feintes énigmatiques de Godard face aux journalistes, la réticence désagréable de Christine Angot ou le fait que Jack Kerouac s'endormit carrément en conférence de presse. Vous soulevez une exception notable : les musiciens de jazz. Leur virtuosité en interview est saisissante. Gillespie ou Miles Davis réalisent des chefs-d'oeuvre médiatiques. Le jazz est une culture de l'improvisation, une tradition orale. Surtout, ces artistes sont les descendants des esclaves musiciens. En eux se confondaient l'état d'artiste et l'état de marchandise. Pas de clivage entre la sphère idéale de l'art et la vulgarité de la promotion commerciale. Ils ont dû accorder ces deux mondes. Une tragédie surmontée en aisance. L'interview serait « protestante » expliquez ! Dans la tradition catholique, seul le prêtre est légitimé à prendre la parole en public. Nous sommes en faute dès que nous parlons devant les autres. L'interview est née dans l'Amérique protestante, pays où la religion invite chaque citoyen à prendre la parole devant la communauté. Dans l'école américaine, l'élève est applaudi avant même de commencer un discours. Au contraire, l'élève français apprend le danger de parler. Pour cette raison, notre pays est un de ceux où il est le plus difficile de s'exprimer en public. Pourquoi ? L'exigence de maîtrise de la langue, la survalorisation de l'écrit, une pédagogie culpabilisante... En même temps, je suis frappé de voir qu'aujourd'hui, les jeux télévisés ou les talk-shows bousculent cette culture. Tout le monde parle. A tort et à travers, peut-être, mais c'est un changement majeur. Recueilli par Anne Kerloc'h |
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